Il doit avoir les cheveux propres, celui qui traite les autres de pouilleux. proverbe écossais
eh bien voilà, mon premier cheveu blanc a pointé ces jours-ci sur le devant de mon crâne… en fait, en y regardant de plus près, il y en a plusieurs qui forment une mêche qui bordent mon visage bronzé.
C’est fou comme ils ont poussé vite, il me semble que c’était hier que cette mêche était blonde en été. Abassourdie je regarde ma chevelure de plus près et voilà t-il pas qu’au sommet de mon crâne pointe une petite antenne blanche; instinctivement je sens ma respiration se bloquer dans ma poitrine et ma voix me dire « arrache au moins celui qui est dressé sur ta tête ». Une autre voix semble répondre du plus profond de mon être « mais non voyons, honore le plutôt comme un signe de sagesse naissante »…
« euuuuuuh pas sûre de vouloir passer du côté des vieilles là » et la voix profonde me répondant tranquillement « remercie donc tes cheveux blancs pour la beauté de prendre de l’âge »…
La première chose qui me vient en tête à ce moment là c’est ma voisine agée de 95 ans, totalement dépendante des soins à domicile et que j’ai aidée à mettre aux toilettes hier… franchement, là dans cet instant, mon cheveu blanc dressé sur la tête me ramène à cette vulnérabilité.
Ce n’est pas tant l’idée de la Mort qui me frôle et m’effraie à ce moment là, mais plutôt la pensée d’une privation de liberté… ma voix dit « quelle horreur, devoir vivre ainsi, totalement dépendante des autres » comme si ma vie se résumait à la mobilité de mon corps, la fluidité de ma parole, la clairvision et la bonne entente. La voix de mon inframonde me répondant en écho « qu’est ce qui te met ainsi en réaction face à ce cheveu blanc dressé telle une antenne vers le ciel? »
Alors, bon, j’ignore si ce sont mes 150 séances de rétrothérapie chez Maurice, mes années de coaching ou ma mère sage intérieure qui me pose la question ou tout en même temps; toujours est-il que je m’y suis arrêtée… en effet, qu’est ce qui me dérange dans ce cheveu en particulier? la mêche blanche sur le devant me plait bien, elle.
Me voilà donc partie à me sonder avec mes outils de prédilection; je vous passe les détails, cependant un seul a retenu particulièrement mon attention. Ce n’est pas tant le jugement d’autrui, le regard des autres sur mon vieillissement, la peur de mourir ou la privation de liberté finalement que ce cheveu me renvoie. Non, loin de moi l’idée de me teindre les cheveux jusqu’à 80 ans, de me botoxer les rides pour rester jeune à tout prix; je préfère de loin ressembler à ces quelques femmes rayonnantes de l’intérieur.
A vingt ans déjà, lorsque mes copines se tartinaient de fond de teint et voulaient me convertir je répondais « non merci, j’aime mon teint naturel »… en fait, j’étais déjà vraie là où d’autres se cachaient derrière un masque; oui, c’est ça, ce cheveu blanc est finalement une couche plus subtile de cette affirmation de moi-même, rayonner sainement de l’intérieur de manière authentique.
Forte de cette élan d’amour envers moi-même, je décide à cet instant d’accueillir et d’aimer ce truc blanc. Finalement, loin d’être venu comme un cheveu sur la soupe, mais bien comme un signe de ma sagesse à venir, il me montre que j’ai le choix de décider d’être libre à l’intérieur de moi-même, même si un jour je me retrouve enfermée dans un corps non fonctionnel, comme ma voisine de 95 ans. Oui, ma liberté dépend de mon état intérieur et oui, je vieillis comme nous toutes alors comme le dit si bien Meryl Streep (une actrice que j’adoooore) « à quoi bon se faire tirer la peau quand on sait qu’on est vieux dessous? »…
je l’aime finalement ce cheveu, gage d’une rencontre encore plus vraie avec moi-même et aujourd’hui je me sens un peu plus sage déjà; en fait, en cet instant, je me trouve belle avec ma mêche blanche et mon poil de sorcière blanc dressé sur le chakra couronne…
Je pense à ma discussion de lundi avec mon amie Ursula Siméone de Atmosphair à Nyon-CH, coiffeuse passionnée depuis des lustres, qui vient de se mettre au « hair balancing »… une approche holistique de coupe de cheveux, qui permet de s’épanouir sans se cacher.
Et toi, où en es tu avec ton rapport au vieillissement? le regard d’autrui est-il important pour toi? connais tu des femmes aux cheveux blancs rayonnantes de beauté? ou es tu attirée par les copines botoxées, reliftées, chirurgicalisées? as tu peur de ton image vieillissante? ou te sens tu en paix avec elle? quelle est ta réponse lorque tu te poses la question « qu’est ce qui est beau en moi aujourd’hui? »
cordialement,
Annette

